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TAPAJ, un projet d'envergure qui va faire du bruit

Le 21 octobre 2016, était inauguré un espace de jeux entièrement rénové par des jeunes du chantier TAPAJ (Travail Alternatif Payé À la Journée) de la cité Maison Blanche, au Canet, dans le 14ème arrondissement de Marseille.

Cet espace public dédié aux jeux et à la convivialité a été inauguré avec les habitants de la copropriété Maison Blanche en présence d’Arlette Fructus, Vice Présidente de la Métropole Aix-Marseille Provence et de Yves Rousset, Préfet Délégué à l’Égalité des Chances, ainsi que des élus de secteur et des partenaires institutionnels.
Plus de deux cent personnes s’étaient réunies pour discuter, danser, jouer et partager ce moment avec un apéritif offert par les femmes de la cité.


TAPAJ ? Drôle de nom pour un dispositif aussi surprenant qu'innovant. En toutes lettres il s’agit de : Travail Alternatif Payé À la Journée.
Importé du Canada en 2012 et développé sur Marseille pour la première fois en 2015, ce dispositif novateur en matière d’insertion sociale par l’économique, s’adresse à des jeunes connaissant de grandes difficultés. Porté par le groupe S.O.S Solidarité et le CAARUD* SLEEP’IN Marseille, ce sigle va faire parler de lui car les chantiers vont se développer un peu partout dans les quartiers prioritaires de la Politique de la Ville. 


Le chantier TAPAJ Maison Blanche a totalisé 53 journées de travail et 21 jeunes y ont participé. Et même si on sait qu’il est difficile pour les filles de travailler dans les métiers du bâtiment, sur ce chantier, la présence d’une jeune fille, Johanna, (à laquelle Mme Fructus a remis une lettre de remerciement pour avoir participé à la mission comme à chacun des 21 autres participants) prouve que rien n’est impossible quand on a la motivation.
Cet ancien terrain de boules a été totalement nettoyé et rénové. Tant du point de vue des jeunes qui ont participé à l’action que du point de vue des habitants, c’est une totale réussite. En effet, cette première opération TAPAJ, considérée comme pilote à l’échelle de Marseille, a largement dépassé les objectifs attendus. 


Alors, TAPAJ, de quoi s’agit-il ? La plus grande originalité du programme de TAPAJ, c’est de s’adresser et d’employer plus particulièrement des jeunes de 18 à 25 ans qui sont en grandes difficultés ou qui connaissent des situations de rupture et de vulnérabilité par rapport aux réseaux de consommation de stupéfiants.
Il place les jeunes en situation directe d’emploi sur un chantier avec un véritable contrat de travail. Et même si ce sont de courtes durées de travail qui leur sont proposées, ils ont un bulletin de salaire ainsi qu’une ouverture de droits. Le dispositif TAPAJ permet au jeune de travailler d'une demi journée à plusieurs journées.
Tous les jours, les heures réalisées sont comptabilisées, validées et payées. Les absences, ne sont, bien sûr pas rémunérées, mais elles ne pénalisent pas automatiquement le jeune. Il peut revenir travailler sur une ou plusieurs autres journées sur le chantier en cours ou bien intervenir sur un autre chantier TAPAJ.

Les missions qui sont proposées sont rémunérées par l’Association Départementale pour l’Emploi Intermédiaire (A.D.P.E.I). C’est elle qui gère les contrats et paye les salaires. 

Les jeunes de TAPAJ, qui sont très marginalisés, entrent ainsi dans une vraie dynamique individuelle d’insertion sociale et professionnelle, c’est pour eux un réel premier pas vers l’emploi. Les territoires d’intervention sont choisis avec les partenaires de la Politique de la Ville, notamment les logeurs sociaux qui visent plus particulièrement les sites délaissés ou les interstices dans les cités, qui ont été soit négligés, soit dégradés et qui présentent un intérêt collectif du point de vue de la rénovation. 

Sur les chantiers TAPAJ les jeunes apprennent différents savoir-faire professionnels dans les métiers de l’entretien, du nettoyage ainsi que du jardinage et de la maçonnerie, selon l’état du site à rénover et les besoins du chantier.


De plus, de par les partenariats déjà engagés avec les logeurs sociaux (13 Habitat notamment) et les collectivités locales (Service des Sports et Service des Espaces Verts et de la Nature de la Ville de Marseille), ces chantiers s’intègrent de façon naturelle dans les démarches d’amélioration de la qualité de la vie des Programmes de Rénovation Urbaine (PRU) et de Gestion Urbaine et Sociale de Proximité (GUSP) pilotées par les équipes projet de Marseille Rénovation Urbaine (MRU) et de la Politique de la Ville. 
Des partenariats privés sont également apportés en soutien matériel ou financier : l’O.M, Renault, Gregory Provence BTP, Kiloutou ont déjà proposé leur partenariat d’entreprise aux chantiers TAPAJ en 2015 et 2016.

Pascal Fraichard, délégué régional du groupe S.O.S, qui supervise la totalité des chantiers TAPAJ et assure le suivi du dispositif sur Marseille, a souhaité, avec les équipes du Contrat de Ville, étendre le dispositif à Tout Marseille : "C’est un dispositif suffisamment souple qui permet à un jeune de revenir le lendemain même s’il a raté le chantier un matin parce qu’il ne s’est pas levé. La porte n’est jamais fermée. Et grâce au déploiement du dispositif sur tout Marseille en 2016, nous pouvons le réemployer sur un nouveau chantier après. Cependant, dans l’avenir, nous aimerions travailler sur des projets ou des chantiers un peu plus longs, ceci pour avoir la possibilité de travailler sur le projet professionnel individuel et l’accès aux soins et l’insertion sociale du jeune connaissant des addictions ou de grandes difficultés, ce qui est notre cœur de métier".

La Politique de la Ville, dans le cadre de sa programmation 2015 et 2016 a déployé de gros moyens pour soutenir cette expérience hors du commun sur tous les quartiers prioritaires du Contrat de Ville. Elle en a fait un projet pilote sur tout Marseille et a mis en place un comité de suivi, composé des équipes projets, des représentants du groupe SOS Solidarité et des partenaires institutionnels.

Prochains rendez-vous pour les chantiers T.A.PA.J ?
Le chantier des Oliviers A et B pour le secteur Nord Est 13 (réalisé en octobre).

Où sont programmés les prochains chantiers ?
Cités Consolat et Plan d’Aou dans les territoires Nord Littoral Ouest et Est.
Félix Pyat pour le Grand Centre Ville et bientôt Air Bel. 
La Soude et Bensa pour le Grand Sud Huveaune.


Le mot de la fin revient à Lionel Olivier, Chef de projet TAPAJ 13 qui travaille au CAARUD* SLEEP’IN Marseille en tant que coordonateur de ce dispositif : "Nous avons été très bien été accueillis, aussi bien par les habitants que par les travailleurs sociaux du secteur, qui au début, ne nous connaissaient pas. Durant le chantier, des mamans venaient même nous apporter à boire et à grignoter car les travaux se sont déroulés en pleine période estivale (...) Depuis on constate que le lieu est respecté : aucun tag, le terrain stabilisé est utilisé par les enfants pour jouer au ballon, par les mamans pour se retrouver le week-end et s’asseoir sur le muret qui leur sert de banc et papoter ensemble. Les résultats vont bien au-delà de nos espérances. On assiste à une réelle réappropriation du territoire » (...)  Ce projet est innovant et hyper motivant, il bouscule toutes les idées reçues sur le travail et sur les jeunes difficiles. Cela vaut le coup d’essayer d’aller plus loin, de l’étendre afin qu'un maximum de jeunes et de quartiers puissent en bénéficier".

< Contacts >

Pascal Fraichard
Délégué Régional Prévention des soins et addictions PACA
35, rue Villeneuve
13001 Marseille
Tél : 04 91 62 84 81
pascal.fraichard@groupe-sos.org

*(CAARRUD) /Centre d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction des Risques pour les Usagers de Drogues 
Lionel Olivier
Chef de Projet TAPAJ 13
8, rue Marcel Sembat 
13001 Marseille 
Tél : 04 91 62 84 84
sleepin.marseille@groupe-sos.org

Association Départementale Pour L'Emploi Intermédiaire
18 Bd Camille Flammarion
13001 MARSEILLE
04 91 11 01 40

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