Projet "La santé à St Mauront Belle de Mai, on s'y met tous"

Un projet de promotion de la santé a été retenu dans le cadre d’un appel à projet du Haut Commissariat aux solidarités Actives, inauguré officiellement par M. Martin Hirsch en janvier 2009 et prévu de durer jusqu’en juin 2011. Il s’intitule « La Santé à Saint Mauront Belle de Mai, on s’y met tous ». Il vise à réduire les inégalités sociales de santé et à améliorer la santé des enfants et des familles en situation de précarité dans deux quartiers du 3ème arrondissement de Marseille, Saint Mauront et la Belle de Mai.

 

Ces deux quartiers comptent 25 000 habitants et la proportion des moins de 20 ans est l'une des plus élevée de la ville (26,9 %, Insee 1999). la proportion de personnes bénéficiaires de la CMU complémentaire atteignait 40,1 % en 2003, soit le taux le plus élevé de la France métropolitaine (moyenne de 7,6%).

 

Pour élaborer ce projet de promotion de la santé, le Groupement Régional de Santé Publique (GRSP) PACA s’est appuyé sur deux diagnostics locaux de santé, celui réalisé en 2005 par l’Atelier Santé Ville Marseille Centre, et celui réalisé en2006 par le cabinet Gres Médiation Santé, mandaté par le GIP Politique de la Ville. Objets de ces deux diagnostics : mieux repérer les besoins en santé de populations connaissant des situations de précarité dans le centre ville de Marseille.

 

En voici les principales problématiques repérées :

 

Chez les professionnels

Morcellement des actions visant la santé de l'enfant (promotion de la santé, prévention et prise en charge).

Manque de lisibilité sur l'ensemble des actions existantes sur un même territoire.

Insuffisance du partage de l'information entre certains dispositifs.

 

Chez les habitants

Méconnaissance de l'offre existante en matière de santé.

 

Articulation entre le projet de promotion de la santé, l’atelier santé ville et le réseau d’acteurs locaux

 

Les objectifs du projet « La Santé à Saint Mauront Belle de Mai, la santé on s’y met tous » sont de :


  • Réduire les inégalités sociales de santé en développant dans deux quartiers de la ville de Marseille un ensemble coordonné d’actions de promotion de la santé agissant simultanément sur plusieurs déterminants de santé, en direction des enfants et des familles démunies.
  • Améliorer la qualité de vie des enfants et de leur famille en situation de précarité.

 

Décliné en onze fiches actions (voir "Un projet local de promotion de la santé"), le projet trouve sa clé de voûte dans  un réseau de santé communautaire, porté parle GIP Politique de la Ville et mis en œuvre dans le cadre de l’Atelier Santé Ville Marseille Centre.

 

L’expression « santé communautaire » n’est pas très habituelle en France. Elle vient du Québec et correspond à l’idée d’une santé participative où l’on considère que la santé est l’affaire de tous et pas seulement de spécialistes. Elle se situe dans l’esprit de la Charte d’Ottawa de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à laquelle se réfère le projet : pour agir sur la santé des personnes, il faut non seulement agir sur les comportements individuels mais aussi sur l’environnement physique et matériel et sur l’environnement social. Un réseau de santé communautaire est ainsi un réseau de personne : professionnels de santé,professionnels d’autres secteurs, habitants et associations de proximité... 

Présentation du réseau d’acteurs locaux

 

Le réseau a pour objectifs de :

 

  • Définir des outils et des procédures de collaboration entre partenaires afin de permettre en particulier, un meilleur repérage des risques d’exposition au plomb,un accès aux soins et aux droits conforme à la population générale de Marseille, un accès au primo-dépistage du saturnisme infantile, un suivi des avis formulés lors des bilans de santé effectués en milieu scolaire.
  • Faire prendre en compte par le réseau des acteurs l’ensemble des déterminants de santé des enfants et des familles démunies.
  • Informer les professionnels de santé et les travailleurs sociaux sur les dispositifs CMUC et AME.
  • S’organiser en réseau entre acteurs, en s'appuyant sur la construction d'une culture commune (formation à l’outil de catégorisation des résultats) et en bénéficiant d'un accompagnement méthodologique (projets et contenu des actions).
  • Développer une perception commune de la santé des enfants entre les habitants et les professionnels.
  • Faire évoluer les compétences professionnelles des acteurs vers une approche plus participative et plus interculturelle de la santé.
  • Mobiliser les habitants  dans la construction d'actions et de partenariats.
  • Former des habitants volontaires pour intégrer le Conseil de Citoyens.
  • Faire prendre conscience aux habitants et aux professionnels de l’utilité de ce Conseil et les informer sur son fonctionnement, son rôle….
  • Identifier et repérer les différents partenaires.
  • Permettre aux habitants de construire une parole structurée et collective.

 

L’équipe d’animation du réseau est composée de Fabrice Amaudruz (Université du citoyen), Emmanuel Viennot (chef de projet Politique de la ville pour le 3ème arrondissement) et Raphaële VERDIER (coordonnatrice de l’Atelier Santé Ville Marseille Centre, GIP Politique de la ville).

 

Le réseau compte une cinquantaine de membres. Y sont notamment représentés le GRSP PACA, l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, les services de santé (PMI, médecine scolaire…), les habitants et les associations de quartier, les professionnels de santé libéraux… Il se réunit mensuellement.


Trois groupes de travail, visant la résolution de cas pratiques, ont été constitués à partir des demandes exprimées par les habitants :


  1. Santé nutritionnelle et cantine scolaire, avec notamment le cas de plusieurs enfants auxquels l’accès à la cantine a été refusé, d’où la question de la gratuité.Des collaborations sont en cours de développement avec certains directeurs d’école et la direction de la petite enfance.
  2. Santé et cadre de vie : information des habitants sur les programmes de rénovation urbaine et de résorption de l’habitat indigne, prévention et réduction du risque de saturnisme.
  3. Information et mobilisation des habitants et des membres du réseau :réflexion sur des moyens de communication adaptés.

Les professionnels libéraux de santé du quartier sont également mobilisés à des horaires convenant à leur mode d’activité : médecins généralistes, pédiatres, gynécologues, infirmiers, pharmaciens, ophtalmologistes…

Mobiliser et informer

 

L’activité de réseau de santé communautaire remplit plusieurs fonctions :


  1. L’un des rôles du réseau est d’étudier les réponses aux besoins exprimés par les habitants lors des assemblées plénières, d’explorer leur faisabilité, d’établir un diagnostic des idées avancées afin d’avoir des données objectives de santé publique qui corroborent la perception des habitants sur leurs problèmes de santé »
  2. Un rôle de sensibilisation : une action ne se fera que si les acteurs du quartiers sont mobilisés. Par exemple, le réseau va s’assurer que les professionnels de l’accueil et du travail social, concernés par l’action promotion del ’implication paternelle, sont mobilisés pour participer à la formation qui leur est destinée. Ou encore la prévention du saturnisme par la sensibilisation des acteurs de santé et des bailleurs sociaux. C’est aussi au réseau que revient d’informer et d’inciter les professionnels et les associations à participer à des formations telle celle proposée par le Comité départemental d’éducation à la santé des Bouches-du-Rhône (CoDES 13) sur la méthodologie des projets.
  3. Un autre rôle essentiel du réseau est l’information des habitants, dans des quartiers qui comptent une proportion importante de personnes primo-arrivantes, qui se heurtent à des barrières culturelles et linguistiques fortes pour accéder aux services et à la santé. Des outils de communication sont adaptés(simplification de brochures sur le saturnisme), une présence est assurée lors des fêtes de quartiers. Des outils en direction des membres du réseau sont également élaborés.

 

Cœur du projet « La Santé à Saint Mauront Belle de Mai, la santé on s’y met tous », le réseau de santé communautaire entend ainsi réunir habitants et professionnels des deux quartiers de Marseille pour une prise en charge commune de la santé dans toutes ses dimensions.

 

 

Un projet local de promotion de la santé


Il s’articule autour de onze fiches actions dont cinq sont relatives à des actions supports transversales et six à des actions thématiques.

 

Actions supports

 

  • Pilotage du projet : il est assuré par le GRSP Paca et comprend notamment l’animation générale du projet, l’établissement et le suivi des conventions avec les partenaires et la communication générale.
  • Animation du réseau de santé communautaire : pilotée par le GIP Politique de la Ville, cette action est mise en œuvre dans le cadre de l’Atelier Santé Ville Marseille Centre.
  • Prise en compte de la santé des enfants par les habitants et les acteurs des deux quartiers : l’objectif poursuivi est d’arriver à la constitution d’un conseil de citoyens avec des habitants volontaires à même d’être des acteurs à part entière du projet. Le pilotage de l’action est assuré par l’Université du citoyen.
  • Implication des parents dans la santé de leur(s) enfant(s) : il s’agit de permettre aux parents d’agir sur les déterminants de la santé de leur(s)enfant(s) notamment par l’organisation d’ateliers et de groupes de paroles.
  • Evaluation du projet : elle est pilotée par le Laboratoire de santé publique de la faculté de médecine de Marseille et le GRSP Paca.

 

Actions thématiques

 

  • Soutien à la parentalité et promotion de l’implication des pères : cette action,assurée par l’association A mots ouverts, vise à valoriser et soutenir l’engament paternel envers leurs enfants et à former les intervenants.
  • Adaptation du Programme de développement affectif et social (Prodas) : pilotée par l’Inspection Académique et le Mouvement français pour le Planning Familial des Bouches-du-Rhône, cette action a pour objectif d’apprendre à l’enfant à développer ses compétences psychosociales, l’estime de soi, l’écoute de l’autre… et de trouver des solutions alternatives aux comportements violents.
  • Accès aux droits et aux soins des familles fragilisées : mise en œuvre par la CPAM et la Caisse d’Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône, cette action vise à simplifier l’accès à la CMU-complémentaire,à l’Aide Médicale d’Etat où à une complémentaire santé.
  • Optimisation des bilans de santé en PMI (3-4 ans) et en milieu scolaire (5-6ans) : il s’agit notamment d’améliorer le suivi des préconisations de soins demandées par les médecins à l’issue de ces bilans. L’action est pilotée par l’Inspection Académique et le Conseil général (PMI) des Bouches-du-Rhône.
  • Prévention du saturnisme infantile : l’objectif est d’améliorer l’information, le repérage et le primo-dépistage du saturnisme infantile. Pilotes : Assistance publique-hôpitaux de Marseille, Réseau Saturne Sud, DDASS et CPAM des Bouches du Rhône.
  • Accès à la santé bucco-dentaire : l’action vise à favoriser l’accès à la santé bucco-dentaire des enfants de cours préparatoire dans le cadre du programme M’T Dents de la CPAM d’une part (pilotage par la CPAM des Bouches du Rhône), des enfants des écoles maternelles d’autre part (action du Conseil général, PMI).